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L'éco-prêt à taux zéro : le calme avant la tempête ?

C'est une formule magique en vigueur depuis le 1er avril, qui rapportera des milliards aux artisans français sur la performance énergétique des bâtiments. Sauf que l'amortisseur de crise se fait attendre dans les faits, banques et artisans espérant un décollage avant l'été.

On attendait un vrai départ courant mai. Nous y sommes mais le lancement du miraculeux « éco-PTZ » est poussif. Le décret de financement paru le 31 mars fut scellé par le ministère de l'Écologie, pressé d'en découdre avec les passoires énergétiques d'un parc immobilier si peu vertueux au plan environnemental (voir ci-contre). Un délai de quatre à six semaines semblait nécessaire pour que les banques s'organisent. Et après ? La mesure a de quoi séduire en pleine crise, au moment où le bâtiment vacille sans pour autant s'effondrer (lire notre édition d'hier).

Avantages en nature

L'éco-PTZ doit financer des travaux d'économie d'énergie ou d'énergie renouvelables sans intérêts jusqu'à 30 000 E (remboursables en 3 et 10 ans). Les travaux commencés au 1er mars sont éligibles, à condition de décrocher son prêt... avant le 1er juin. Pas de condition de ressources, mais un cahier des charges assez contraignant sur la nature des travaux d'isolation. Le mode de financement est très avantageux mais - effet de crise ? - les ménages ne se ruent pas encore sur la formule. « Ce sera une bouffée d'air, estime Philippe Didier, trois salariés dans l'isolation à Hénin-Beaumont. Mon fournisseur travaille avec quelques artisans, il me dit qu'il n'a qu'un seul dossier d'éco-PTZ pour le moment... ». « Des dossiers, nous en avons quelques-uns, assure Jean-Pierre Lavigne, président de la Capeb (4 200 artisans en région). Il était temps que quelque chose arrive car beaucoup ont vécu sur leurs carnets de commandes, aujourd'hui presque épuisés. » À la fédération régionale du bâtiment, on travaille dur pour former les artisans qui devront être prêts au moment du décollage de l'éco-PTZ. « Toutes les entreprises sont concernées par les objectifs de rénovation thermique et le mouvement s'amorce », explique Benoît Loison, président. Une certitude, exprimée par Frédéric Kustosz, menuisier du sur mesure à Lambersart,« contrairement au marché de la réalisation qui souffre avec le neuf, celui de la rénovation offre toujours des perspectives. Les gens, avec la crise, préfèrent réaliser des travaux plutôt que vendre leur maison. D'une certaine manière, ce nouveau prêt devrait soutenir l'activité vers une relance. »

source : La Voix Eco - Yannick BOUCHER